Ahmad Alihamidi Soulouhou ibn Al Hamidi al Cheikh Aboubakar Ibn Salim Baalawi

Hommage de Kamarouddine Abdallah Paune :
Ahmed, tu es toujours avec nous…
Il n’est jamais trop tard pour rendre un hommage, même si le regretté Ahmed Alihamidi nous a quitté depuis plusieurs jours déjà en ce matin béni du vendredi 8 novembre. Il était alors parti doucement veillé par sa courageuse épouse Zoubeidat Charafoudine et ses enfants accourus à son chevet Yimane et Arkane ainsi qu’ Anais et les proches de sa famille, dans sa demeure de Pamandzi.
Son décès représente une perte immense pour tous ceux là, pour le mari et le père aimant qu’il a été et pour tous les moments de la vie qu’il aura essaimés durant son existence et qui continueront à vivre en eux, mais aussi pour l’homme public et l’ami de de beaucoup de monde qu’il n’a jamais cessé d’être.
De son nom Ahmad Alihamidi Soulouhou, il se rattache aux grandes familles des Al Hamidi al Cheikh Aboubakar Ibn Salim Baalawi et des Soulouhou de Mutsamudu. Son père était le frère de Mwenye Chabhane et le cousin de la mère de Youssouf Mkiradjimoi, Mwenye Abdou Moidini, Mwenye Djamal et de Mwenye Zarkachi de Domoni…
Sa mère Bweni Fatima Mkidadi, une femme de cœur qui nourrissait un fervent amour pour Anjouan et qu’il avait fait venir à ses côtés et veillé jusqu’à son décès n’était autre que la sœur de la célèbre Zaina Mdéré, l’égérie de Mayotte connue de tous.
C’est auréolé des galons d’adjudant-chef du service des Transmissions de l’Armée Française qu’ Ahmed avait pris sa retraite et avait choisi de poser ses valises à Mayotte au mois d’Août 1986.
C’était alors un jeune retraité à l’ âme de pionnier, débarqué dans une île encore vierge, où tout était à faire et cela tombait bien car dans sa tête foisonnaient mille idées, mille projets de développement.
Car si Ahmed séduisait ses interlocuteurs par sa jovialité et sa bonne humeur, il ne manquait pas non plus de les subjuguer par son esprit d’entreprise, de vouloir toujours créer, produire, aller de l’avant ; chaque minute pour lui était le moment d’une nouvelle idée, d’une nouvelle envolée de destins.
C’est ainsi qu’on l’a retrouvé dans le déménagement qui lui a valu le nom de M Madetrans comme l’entreprise qu’il avait créée dans un domaine encore monopolisé par les mzungus.
Mais il était présent partout dans la vie socio-économique de Mayotte au sein de la Sivom, du Rotary Club, de la CCI etc. Ses idées, s’il ne les portait lui-même, essaimaient avec d’autres pour devenir de fabuleuses réalisations comme DHL, la maison des livres etc.
Une de ces idées dont il a été porteur et qui témoigne de son grand intérêt pour l’éducation, en tant que pilier indispensable du développement, c’est la participation dans la création de l’école privée Mawana Madi de Pamandzi. Je peux en parler avec aisance car j’en fis partie avec Fadhul Ahmed Fadhul et le regretté Ibrahim Abasse. Cette idée géniale née des besoins immenses de Mayotte sur le plan de l’éducation a permis de donner une seconde chance à de nombreux jeunes venus des quatre coins de l’île pour récupérer des bases plus solides pour la continuation des études au collège ou lycée ou pour l’accès à la vie professionnelle. Jusque-là la dure sélection scolaire publique rejetait des dizaines et des dizaines d’élèves qui n’avaient d’autre recours que les écoles à Mutsamudu et Moroni.
Le coran nous avertit que nul peut se prévaloir ni de sa descendance ni de sa fortune en ce monde, seul comptera le bien qu’on aura fait : « Al malu wal banuna zinatal hayati dunia, wal bakiatu swalihatu khayrun inda rabika thawaban wa khayru anmala ».
Et pour la reconnaissance divine importe le bien fait à autrui, à ceux qui sont dans le besoin.
Et une des qualités essentielle d’Ahmed était sa bonté et sa générosité : sa main et son coeur étaient toujours ouverts pour apporter aide et réconfort autour de lui. Cela ne peut lui être dénié.
La liste de sa vie et de son œuvre est encore longue mais peut-être nous suffit-il d’évoquer ici un aspect de sa vie qui devrait être un livre ouvert à nous tous à Mayotte et à Anjouan alors que les destins politiques ont tissé des trames de rejet et de haine là où régnaient d’antan la concorde et la fraternité.
Mais Ahmed Alihamidi Anjouanais et Mahorais d’origine et de cœur ne s’était jamais senti obligé de rejeter ou de vilipender l’un pour aimer l’autre. C’est l’exemple du trait d’Union parfait, l’humaniste heureux et parfaitement intégré à Mutsamudu comme à Pamandzi sans une once de reniement de son héritage culturel ou familial où qu’il soit.
Et ce n’est pas parce qu’il avait épousé une Anjouanaise, Zoubeidat binti Said Charafoudine ben Said Ahmad (Tossimba) ben Houmad ben Abdallah Allaoui (Dukani) ben Sultan Abdallah 1er Al Masela Ba Allaoui, une famille honorable de Mutsamudu avec laquelle il a eu tous ses enfants, mais parce que c’était Ahmed avec son caractère plein et entier heureux de cueillir la vie à pleines mains.
Je le vois encore dansant le kandza dans les ruelles de Mutsamudu avec son cousin Mwenye Youssouf Mkiri wa Djimwa…….
Que Dieu lui pardonne ses péchés, accepte son œuvre et lui accorde sa miséricorde et son paradis, in shaa allah.
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