Sultan Saidomar ibn Hassan ibn Sultan Abdallah 1er AL MASSELA BAALAWI et ses enfants à Anjouan

 

Assis au centre Sultan Saidomar ibn Hassan ibn Sultan Abdallah 1er AL MASSELA BAALAWI , À sa gauche Said Djaafar ibn Abdallah (Diamond) ibn Mohammed ibn Said Abubakr AL MASSELA BAALAWI, à sa droite son fils Sultan Said Mohammed. Debout de profil ,son fils Said Hassan (dit Saidina) , de face son autre fils Said Ahmad (Barakani)

TEXTE DE SAID BAKAR MOUGNE M’KOU :

Sultan Said Omar Al Macely en photo de famille en 1891
Cette photo est semblable aux premières photos de famille de Rihana quelques mois après la naissance de leur dernier enfant.
Le nouveau sultan de Ndzuwani Said Omar Al Macely pose avec ses 4 fils. Sultan Said Omar est assis au milieu. Il y a Said Djaffar avec sa veste turque et son pantalon, tunique de l’Empire Ottoman, assis à droite et Said Mohamed Sidi, futur sultan de Ndzuwani, assis à gauche. Saidina et son demi-frère Said Ahmed Mbaraka à droite, sont debout.
La photo renvoie comme premier message une collaboration, un partenariat entre la famille Said Omar Al Macely, le pouvoir colonial et le capitalisme.
Une collaboration qui a amené la famille de Said Omar Al Macely à réclamer la tutelle et la présence des colons.
Notamment, l’éducation de Said Ali à Mayotte qui est passée par une politique d’assimilation. Une éducation qui consiste à faire d’un colonisé quelconque un potentiel français. Said Ali a été francisé à travers la langue, à travers la culture…c’est la mission civilisatrice. Dans son livre sur Msafumu, la fin d’un sultan et du système traditionnel des sultanats comoriens, Damir Ben Ali écrit que « Said Ali est un étranger aux us et coutumes. Il a vécu longtemps à l’étranger et ignoré les traditions. »(Damir Ben Ali, Msafumu, page 177.)
Quel contexte cette photo a été prise ?
Après l’assassinat de sultan Hachim et de Mfaoume Madjouwani, un grand kabar a été organisé à Ngazidja, dans la région de Washili « le 15 décembre 1890, tous les sultans, princes et ministres, réunis au village de Kwambani, jurèrent sur le Coran
de déposer Said Ali. Il se réfugia à Mwali(Moheli) »(Damir Ben Ali, Msafumu, page 16) puis Said Ali a réussi à s’enfuir vers Mayotte.
En 1891, c’est au tour de Ndzuwani. Une révolte a éclaté après la mort de sultan Mawana Abdallah III. Son fils prince Salim et son frère Said Othman se disputent le pouvoir. Said Othman fini par devenir sultan de l’île.
C’est dans ce contexte que « les autorités coloniales cherchaient en premier lieu à se défaire de la dynastie El Madoua, d’un prince Salim ben Abdallah III dont l’attachement à la Grande-Bretagne, tout comme celui de son père, n’était que trop connu, et plus encore d’un Said Othman, incarnation de la résistance aristocratique et populaire à la
domination française. »(Jean Martin, tome 2, page 87.)
La révolte a été menée par les Makoas qui venaient d’être affranchis par leur nouveau sultan Said Othman. Mutsamudu est bombardé par le Boursaint.
« Le vieux Said Omar, venu de Mayotte à bord du Boursaint [avec ses fils Said Ali, Saidina et Said Mohamed Sidi], fut aussitôt conduit au palais d’Abdallah III. Quelques officiers supérieurs l’y installèrent comme sultan d’Anjouan en présence du gouverneur de Mayotte Papinaud et un détachement d’auxiliaires indigènes lui rendit les honneurs. Le clan El Masela, avec lequel allait se clore l’histoire du sultanat [des Comores] revenait au trône dans les bagages du colonisateur. » (Jean Martin, olé 2, page 89.)
C’est après l’intronisation de Said Omar Al Macely comme sultan de Ndzuwani que cette photo a probablement été prise. En novembre 1891, après avoir installé le père à Ndzuwani, le Boursaint ramene le fils, Said Ali à Ngazidja, pour son restauration en tant que sultan de Ngazidja. Said Ali arrive à Moroni le 19 novembre.
Comme à Ndzuwani, les révoltés de Ngazidja ont été arrêtés et exilés à Obock et en Nouvelle-Calédonie. Prince Salim ben sultan Abdallah III et son oncle Said Othman ont été aussi exilés Nouvelle-Calédonie.
Jean Martin écrit que le 19 septembre 1883 Said Omar « fut le premier Comorien à bénéficier de cette distinction [la Légion d’Honneur] qui lui donna un prestige et une autorité accrus. »
Avant de rajouter que le prince Said Omar a reçu une deuxième récompense de la part de la France :  » il reçut une récompense plus importante peut-être, sept ans plus tard, quand, au soir de sa vie,
l’administration le proclama sultan d’Anjouan. »
Image : Sultan Said Omar Al Macely est assis au milieu. Son fils Said Ali avec son dragla, assis à droite faisant face à son demi-frère Said Mohamed Sidi, futur sultan de Ndzuwani, assis à gauche. Saidina et son demi-frère à droite, sont debout.
Sources : Jean Martin; Damir Ben Ali; Amzat.

Photos de Said Djaffar

error: Contenu protégé !