Sultan Salim lll (1864-1918)
Il est né en 1864, fils aîné de sultan Mawana Abdallah lll et petit fils par son père de sultan Salim ll ben sultan Allaoui 1er Al Maduwa. Sa mère Bmeni Manlali est une cousine de son père Abdallah lll.
En juillet 1886, alors âgé de 22 ans, le prince Salim se trouvait à Mayotte pour le compte de son père et avant de regagnait son île Anjouan, il demandait des nouvelles précisions, sur la nature du traité signé entre son père et la France le 21 avril 1886. Le prince Salim profitait de son séjour dans l’île sous colonisation française, et surtout du fait que son île est placée sous la protection de la France, pour demander la restauration du trône de Moheli à l’ancienne dynastie mohelienne qui avait régné avant Ramanetaka.
Quand les relations avec la France commençaient à se détériorer notablement, le prince Salim était tout près sur la gestion des affaires de son père Abdallah lll.
Les proclamations hostiles envers les Français, dont une partie a été affichée dans les mosquées, vont être la raison de la première intervention française à Anjouan. Le 22 mars 1887 quatre navires de guerre mouillaient devant Mutsamudu, le prince Salim, Gouverneur de la capitale qui n’a par pu mener aucune résistance, fut arrêté dans le palais de son père et fut conduit à bord des navires puis placé en garde à vue. On sait qu’après plusieurs années qu’il occupa les fonctions de Gouverneur de Mutsamudu et suite à son emprisonnement par la France en 1887, l’administration de Mayotte cherchait à casser le prince en l’éloignant d’Anjouan. C’est alors qu’il s’est trouvé introniser sultan en 1888 de Mitsamiouli à Ngazidja, il ne sera pendant quelques mois. Mais le fait qu’il ne figure pas dans une aucune liste des sultans de Mitsamiouli, montre qu’il n’était pas reconnu comme sultan selon les règles de succession. Le sultan Said Ali, qui venait de donner en mariage sa mère Moina M’kou wa Mwigni M’kou avec le prince Salim, avait jugé bon d’installer le prince à la tête du sultanat de Mitsamiouli.
Après la mort de son père Abdallah lll, survenue le 2 février 1891, des rumeurs courraient que c’est la mère de Prince Salim, Bweni Manlali qui fut soupçonnée d’avoir provoquer sa mort pour faciliter l’accession de son fils au pouvoir.
La règle de succession basée sur une priorité d’âge que les sultans d’Anjouan se sont imposés, furent reconnues par les Anglais en 1853 et lors de la signature du traité de protectorat en 1886. Le prince Salim, fils aîné et successeur désigné de sultan Mawana Abdallah lll, devrait succéder son père. Salim qui avait été éduqué à l’île Maurice et parlait couramment le français et l’anglais, avait 27 ans quand son père est mort.
Toutes ces histoires ont eu comme conséquence un conflit au niveau de la succession après la mort de son père. Le trône se trouvait être convoité par ses oncles : Mohamed ben Sultan l’aîné, Said Ali (épouse de Moina Sitina, sœur de Said Ali à Ngazidja) était devenu le candidat du médecin américain à la succession d’Abdallah lll et Said Othmane. Ce dernier fut reconnu comme sultan de l’île par ses frères.
Le prince Salim qui s’était installé à Ngazidja était rentré précipitamment à Anjouan après la nouvelle du décès de son père. A son arrivée dans l’île, il chercha d’abord à faire assassiner son oncle Said Othman avant de distribuer le 20 février 1891 des armes aux trois cents esclaves de la plantation de Bambao. Ces derniers se rendirent maîtres du domaine de Bambao aussitôt armés et le prince obligea de prendre la la fuite et se réfugia à Domoni. Said Othmane fut proclamé sultan par les travailleurs de Patsi et decreta sur le champ l’affranchissement total et immédiat des esclaves pour éviter ce qu’il pensait être un piège tendu par son neveu Salim. Le règne du prince Salim ne dura qu’un peu moins d’un mois. La révolte allait continuer et Mutsamudu pillait au début mars 1891.
Prince Salim fut arrêté à Domoni par les insurgés et fut amené à la prison de Mutsamudu à pieds nus où il se rallia à ses oncles.
Au début du mois de mars 1891,le prince Salim abdiqua officiellement en faveur de Said Othmane.
Il ecriva en 1896 dans son exil à Sainte Marie dans son mémoire intitulé » les dernières Évènements d’Anjouan » que cette renonciation à ses droits lui avait été imposé et menacé de mort.
Le prince Salim se rallia en avril 1891 au nouveau sultan Said Omar, installé par l’intervention française.
Le 7 juillet, le prince Salim avec son oncle Said Othmane furent internés à Mayotte puis en Nouvelle-Calédonie (photo).
Dans un article publié en 2023 par Gwénael MURPHY, Professeur d’histoire contemporaine à l’Université de la Reunion, sur l’éloignement des chefs autochtones rebelles en Nouvelle- Calédonie (1858-1928), on peut lire :
» Il semble que seuls les exilés comoriens, arrivés en 1894 avec leurs réserves d’argent, n’aient pas ressenti la nécessité ni subi l’obligation de travailler65. Après un débat interne, le conseil de la colonie met à leur disposition un bâtiment de l’Administration pénitentiaire et décide de ne pas les considérer comme des prisonniers, mais simplement comme des exilés libres de leurs mouvements. Le prince Salim initie gracieusement les habitants de Nouméa intéressés à la calligraphie arabe. Avec son jeune frère, Ali (20 ans) et Omar (14 ans), il suit des cours pour apprendre le français au collège de la ville. Six Comoriens sont envoyés, à leur demande, travailler à l’usine de sucre de Baccouya, tandis que les trois princes et leur domesticité demeurent dans le centre de Nouméa, « (…) ne sont astreints à aucun travail, se promènent vêtus de leur Djoho de velours, coiffés de leur stambouli (…) n’oublient pas de faire leurs prières et sont souvent invités », y compris par le gouverneur Feillet, qui devient leur défenseur et plaide la méprise sur leur responsabilité dans la révolte d’Anjouan auprès du ministre des Colonies. Mais le prince Salim et son entourage constituent l’exception qui confirme une règle qui semble générale : les exilés doivent coûter le moins possible et, pour cela, travailler.» par Gwénael Murphy, septembre 2023.https://www.researchgate.net/…/373921878_L’eloignement…
Ils seront ramenés Mayotte qu’au début de 1896. Mais prince Salim continua seul l’internation à Sainte Marie à Madagascar, où il fut nommé après par l’administration coloniale Gouverneur principale autochtone du Manitrirano, dont il fut attribué 4200 francs par an. Il fut invité et bien reçu à Paris dans l’Exposition universelle de 1900. Au retour vers Madagascar, le prince Salim quitta le paquebot à l’escale à Zanzibar et demanda asile aux autorités britanniques.
L’escale à Zanzibar et demanda asile aux autorités britanniques. Par crainte de voir le prince provoquait une agitation à Anjouan, le Gouverneur de Mayotte lui fit savoir que sa mère, Bweni Manlali, serait gardée à vue pour responsable de ses actes. Le refus du Gouvernement de Zanzibar à ses demandes, obligea le prince Salim à s’installait à La Mecque où un des ses oncles occupait un grand poste. Ensuite, il s’installa après en Égypte. Ce n’est qu’en 1915, qu’il se se réconcilia avec les autorités françaises et rentra à Madagascar. Une pension annuelle de 3600 francs lui sera attribuée. Il décéda à Sainte Marie le 14 août 1918.
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Image : prince Salim ben sultan Mawana Abdallah lll ben sultan Salim II ben sultan Alawi 1er en Nouvelle Calédonie en 1894.
Crédit photo : Madi et Rabouba Jr Al Shahashahani
Photo travaillée par une IA par Zain-el Abidine Abdallah
Source : Jean Martin, Gwénael Murphy.
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