Saïd Hassan [Sultan Sâlim II] bin Sultan ‘Alawi 1er al Maduwa datant de 1846. Régne 1840-1855.

La fête de la fin du ramadan à Ndzuwani en 1845 avec le sultan Salim II

En 1848, est publié à Paris un ouvrage de 876 pages, ayant comme titre « L’Univers, Histoire et Description de tous les peuples. Îles de l’Afrique » et comme auteur M. Avezac, garde des archives de la Marine et des Colonies. Pour pouvoir réaliser cet ouvrage très volumineux, il a fait des collaborations avec d’autres auteurs notamment M. Oscar MacCarthy qui a présenté la description de ce qu’il appelle « Les Îles Arabes » de la mer des Indes, c’est à dire les Îles des Comores et celles de Zanzibar. MacCarthy cite dans sa description de Ndzuwani un certain Me Le Bron de Vexela qui avait rencontré en 1845 le sultan Salim II ben sultan Allaoui 1er et le fils de Mwigni M’kou, Saïd M’kou, dont il appelle « Imouko ». Salim II avait 35 ans d’après Me Le Bron et Saïd M’kou, 20 ans.
Voici ce qu’il rapporte le jour de la fête de la fin du ramadan en 1845 :
« Enfin, le ramadan venait de finir au grand contentement de tous les Aujouanais, et particulièrement au mien, car j’étais certain de ne plus être réveillé pour manger du poulet du riz, de petits gâteaux d’arrow-root, et de n’avoir pour boisson qu’une décoction de fèves brûlées simulant le café, liqueur inconnue à Anjouan.
Deux jours après le ramadan, il y avait une grande fête religieuse; le sultan se rendait en grande cérémonie à la mosquée : dès la pointe du jour, toute la ville était sur pied et en habit de gala.
Je reçus une invitation de la part de Sa Hautesse pour l’accompagner : vers les neuf heures, je me rendis avec le prince Imouko [ c’est Saïd M’kou wa Mwigni M’kou] au palais; les princes, le gouverneur de la ville et les principaux habitants y étaient à l’avance. Après une demi-heure d’attente, le sultan entra, revêtu d’un brillant costume : il avait quitté le turban, et portait un bonnet de velours noir brodé en or, sur le devant une plaque avec les armes d’Anjouan (une main renversée), autour de la
plaque une devise anglaise (King of Anjouan), une veste de velours rouge brodée en or, et sur la poitrine une plaque semblable à celle du bonnet, un pantalon bleu collant avec galon d’or sur les côtés, et le sabre que je lui avais donné.
Il paraissait enchanté de sa belle toilette, et semblait me demander mon suffrage; je me gardai bien d’y manquer, sachant combien son amour-propre était chatouilleux sur ce chapitre : il était, du reste, vraiment bien dans son costume ; je lui dis pourtant que je l’aurais trouvé mieux s’il n’eût point porté le sceau de l’esclavage de ses prétendus amis. Comment cela? » me dit-il.  » C’est que sur la poitrine d’un souverain tel que vous, au lieu d’une devise anglaise, on ne devrait lire qu’une devise arabe; prenez garde que votre faiblesse ne vous occasionne plus tard des regrets éternels. » La conversation en resta là car tout était prêt pour se rendre à la mosquée. « A la porte du palais était placé pour le sultan, un fauteuil posé sur un brancard et recouvert d’un dais : il s’y assit, et quatre Arabes le porterent; les princes ses frères, ses neveux, le gouverneur de la ville et moi, nous marchions devant et à côté; parurent ensuite les officiers suivis de toute la population. Arrivé devant la grande mosquée, l’imam vint recevoir le sultan, et nous entrâmes tous. Après le service divin, les princes et tous les habitats vinrent baiser la main de leur souverain; je m’empressai de la lui serrer.
« Mes affaires étant toutes termi-nées, dès la pointe du jour suivant nous nous éloignâmes des côtes d’Anjouan. » (L’Univers, Îles de l’Afrique, 1848, troisième partie, page 129)
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Image : sultan Salim II assis à gauche, en 1846. Recevant, un an après sa rencontre avec M. Le Bron de Vexela, le commandant Desfossés. On peut remarquer que le sultan porte un bonnet qui semble être le même que celui que décrit Le Bron de Vexela.
Crédit photo : Magazine français Pittoresque, 1855.

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