La promotion d’une contre-histoire par la France

La promotion d’une contre-histoire par la France pour alimenter la haine et la séparation entre les Mahorais et les Comoriens des autres îles.
 » Andrianantsouly a vendu Mayotte à la France pour que les Mahorais puissent échapper à l’envahissement de leurs frères Comoriens » Anne-Charlotte Gaurraud dans son documentaire : « Mayotte : la dernière colonie ? » diffusé sur la chaîne LCP.
Une affirmation mensongère qui m’a mis hors de moi, et qui résume à elle seule, la mise en place, d’une politique de manipulation de l’histoire de Comores pour des fins géostratégiques.
Vous connaissez surement Andrianantsouly (photo) ?
Et Cadi Omar Aboubakar, vous le connaissez ? Pas vraiment non ? Pourquoi ?
Parce que « l’histoire française et officielle de l’archipel des Comores » ne souhaite que, surtout pour les Mahorais, l’oublie pur et simple du nom de ce grand personnage de l’histoire de Mayotte. Premier chroniqueur de l’archipel et véritable donateur de l’île de Mayotte à la France.
Jean Martin nous laisse croire, dans son livre  » Comores : quatre îles entre pirates et planteurs 1983, page 451, que le Cadi Omar Aboubakar n’a joué qu’un rôle mineur sur la cession de son île à Louis-Philippe en 1841.
Pourtant, ce descendant direct de la lignée royale de Mayotte et grand cadi de Dzaoudzi, concentre en lui seul presque tous les titres de son temps notamment celui de rédacteur des allégeances au sultan d’Anjouan et de cession.
Cadi Omar Aboubakar nous informe surtout via sa chronique, page 252, que c’est bien lui qui a ajouté délibérément dans la lettre d’Andrinantsouly pour le gouverneur Hell, sa proposition de cession de Mayotte à la France. Cette-dernière voit une exagération de la part du Cadi.
Mais, le contexte historique qui témoigne d’une période fortement instable dans la vie politique comorienne ( razzias malgaches, guerres des factions…) permet de mieux comprendre ce qui a poussé Cadi Omar à faire recourt à un tel stratagème.
A l’époque, les guerres intestines féodales entre factions comoriennes poussées à des  » alliances plus douteuses et éphémères pour contrer un adversaire ambitieux.
Cette nécessité va amener [ Cadi Omar ] à s’allier :
– à Andrianantsouly (pour renverser Bwana Kombo en 1834, puis s’opposer aux autres factions maoré),
– à Abdallah II [ d’Anjouan ] ( pour vaincre les forces de Ramanetaka en 1835 );
– à Alawi II (pour contenir les visées de ses rivaux maoré, alliées de sultan Salim II, de 1836 à 1840),
– et enfin à Passot ( en 1840-1841, pour échapper à la tyrannie d’Andrinantsouly).
De 1837 à 1841 Andrianantsouly n’a été que le Gouverneur de Mayotte représentant le sultan d’Anjouan Alawi II. A cela s’invite la question de la légitimité de pouvoir de celui qui est présenté officiellement comme vendeur de l’île.
Dans une époque où il n’y avait pas l’ONU, où la seule règle fut la la loi du plus fort, Cadi Omar Aboubakar par son geste de donation de Mayotte à la France en changeant le contenu de la lettre, a fait passer les Comores  » du giron anglais [pourtant mieux présent à Anjouan, Mohéli, Itsandra, Zanzibar, Maurice, Imerna] à la colonisation française en 1841.
Puis 43 ans après, lors de la conférence de Berlin de 1884 sur le partage de l’Afrique, les Européens ont décidé de laisser à la France la conquête des autres îles de Comores sous prétexte qu’elle est déjà à Mayotte depuis 1841.
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Sources : Histoire des ils, Djahazi 2, Casimir 1997.
Jean Martin, Comores : quatre îles entre pirates et planteurs, 1983.

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Un ouvrage sur la médina de Mutsamudu : Malik, enfant de la médina…

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Quelques passages du début :

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« Et puis venait la nuit comme un voile mystérieux embaumé de corolles de jasmin, de fleurs et de plantes à parfums : c’était la sortie des belles de nuit, les Mutsamudiennes qui, après avoir passé la journée dans leur maison à s’occuper de tout, se libéraient pour prendre l’air, dans un froufrou de Shiromanis 10 et de joyeux babillements ». P12-13

« Par une petite fenêtre dans le mur, derrière le balcon, le célèbre M Tom Tom, le projectionniste lançait une gerbe de lumière qui s’aplatissait sur un écran peint sur le mur opposé pour créer la magie des images parlantes. Du plafond, tombaient quelques lampes nues autour desquelles voletait une nuée d’insectes.

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Les films les plus prisés étaient les Tarzan, les Eddy Constantine, les Westerns, tous les films d’action et de bagarres que la basse-cour suivait à grands cris de « Inwa, inwa » 6 « Allez-allez »
Souvent, les spectateurs essayaient d’aider l’acteur principal en l’interpellant à haute voix et l’exhortant à regarder par derrière ou sur le côté où étaient tapis ses ennemis. » P22

Des lieux inoubliables, des personnages pittoresques, des croyances, des traditions des anecdotes, une atmosphère, des parfums… pour permettre à chaque parent d’évoquer avec ses enfants et petits enfants le souvenir d’un lieu extraordinaire et merveilleux et qui pourraient peut être les aider à renouer les liens avec le pays. Car on sait que « l’origine d’un homme, ce sont ces racines enfouies au profond de son être et qui en font sa solidité et son rayonnement. »

Vous pouvez vous procurer cet ouvrage
en le commandant sur EBAY https://www.ebay.fr
sur le site de l’éditeur http://www.editionsthierrysajat.com ou à l’adresse mail thierrysajat.editeur@orange.fr (coût de l’ouvrage 15 euros+ 4 euros frais d’envoi)
Vous pouvez également me joindre pour toute question sur mon messenger Kamaroudine ABDALLAH PAUNE ou par mail au kapaune1@gmail.com
Avec mes remerciements cordiaux.

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Qatar National Library Digital Repository NOTA BENE : La photo portrait est bien celle du Sultan Alawi II dit Alawi Mtiti mais, le texte résume des péripéties d’un de ses fils, Abdullah. Portrait en studio d‘Abdullah Bin Alawi, également connu sous le nom de Prince Abudin, fils d‘un Sultan déchu de l‘île de Nzwani, dans l‘archipel des Comores, qui avait une fois représenté son père en

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